Le "mauvais" journalisme [1]
Le ''mauvais'' journalisme devient, selon moi, le lot commun de la très grande majorité des mass médias. La mode actuelle est à la pseudo analyse simpliste de faits complexes. Le danger est que ces médias, puissants de part leur audience, propose une information trop souvent erronée qui se diffuse dans les foyers. Le journaliste est formé à rendre compte de l'information, il n'a pas pour vocation d'émettre des conclusions hâtives, créant des stigmates trop souvent dangereux. Les journalistes sont à la fois coupables et victimes. Victimes parce-qu'ils sont soumis à des mécanismes propres à leurs champs ainsi qu'aux contraintes extérieures (économiques entre autre) et qu'il devient difficile de proposer un journalisme ''libre''. Coupables parce-que beaucoup savent et perpétuent ce processus de quasi-désinformation de masse qui entraîne le spectateur vers des modes de pensée uniformisés et falsifiés. Je grossis volontairement les traits puisqu'il existe bien évidement d'autres moyens et d'autres personnes proposant une information plus ''objective". Certains journalistes, s'autoproclament donc prophètes de l'information et interprètent des faits sans aucun travail de réflexivité ou de recherche. Certes les journalistes sont soumis à une pression et à une limitation de temps qui les oblige à condenser l'information. Mais, étant conscient de cette double contrainte, il serait plus sain de laisser leurs conclusions personnelles autre part (sur des blogs par exemple, où l'information n'est pas considérée comme de "sources officielles") ou de s'en tenir à leur vocation de base, celle de rendre compte de l'information. Les chercheurs (historiens, sociologues, psychologues, géographes...et je cite volontairement des filières de sciences humaines, puisque les journalistes préfèrent souvent faire eux-mêmes des raccourcis intellectuels sans mêmes convoquer ces spécialistes) seront, je le pense, bien plus à même de donner des conclusions après quelques années d'enquêtes approfondies sur le sujet.
Je suis parfois désolé de lire des enquêtes sociologiques (puisque c'est là ma vocation) datant des années 70 et voir les journalistes (et les politiques) tirer les mêmes conclusions, véhiculer les mêmes stéréotypes sur le même sujet.
Je vous conseille de lire le livre de Pierre Bourdieu, Sur la télévision, si le sujet vous intéresse. Il explique brièvement les mécanismes qui oeuvrent à produire ce que je nomme le ''mauvais journalisme''.
Cet article sera suivit d'autres sur le même thème, puisque c'est là un sujet qui me révolte quotidiennement. Je vous propose pour conclure une vidéo de Mélanchon. Loin de moi l'idée de politiser le débat, puisque comme disait Bourdieu, on peut penser le politique sans penser politiquement. Je prends cet exemple car il est d'actualité et illustre bien mes propos. Il s'agit là d'un cas d'école de mauvais journalisme à propos des retraites en France.
PG > JEAN-LUC MELENCHON // LES RETRAITES ET LA PEUR // 14.04.2010